| Ecrit par Administrator,
le 05-07-2008 23:00
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Ils sont partout… jeunes, très jeunes même, mûrs, très mûrs. Ils arpentent les rues des grandes villes du Maroc, l’œil aiguisé. Qu’importe leur âge, en fait, eux-mêmes s’en fichent dès qu’il s’agit de dévisager voire déshabiller le corps d’une jeune -et moins jeune, ce qui est mon cas- femme. Ils tiennent le regard, les plus audacieux (ou aguerris ?) tentent même une approche verbale. Evidemment, je ne comprends rien lorsqu’ils m’adressent la parole en darija. Insulte ou compliment ? Je l’ignore. Mais beaucoup parlent quelques mots de français, voire plusieurs et n’hésitent pas à en user. Quelques exemples concrets, cas pratiques en quelque sorte -volontairement différents-, pour illustrer mes propos.
Vas voir ta mère ! Rabat, août 2007. Je me promène, flânant dans les rues du centre ville, robe légère mais très sage. Un jeune garçon d’environ 15 ans, sur sa mob, me file. Pendant au moins 200 mètres, il me suit, me parle. Au bout d’un moment, je m’arrête, me dirige vers lui et lui adresse, gentiment : « tu pourrais être mon fils, s’il-te-plaît vas voir ta Maman ». Il s’éloigne… mais le répit est de courte durée. A peine ai-je pris une rue dans l’angle, qu’un homme d’une quarantaine d’année me suit à son tour en voiture (low cost). Serai-je victime d’un complot ? Il s’adresse à moi, toujours conduisant à lente allure : « Tu es jolie, tu viens avec moi ? ». Serai-je une proie ? Ai-je des oreilles de lapin qui auraient soudainement poussé ? … pas à ma connaissance. Je rétorque : « Demandez-à mon mari ». Excuses du Monsieur, qui lui-même doit être marié jusqu’au cou et même que bobonne, si elle connaissait les agissements de son époux, serait pas super super contente. Des questions m’interpellent… Pourquoi ces deux spécimens « draguent-ils de la française » -et sûrement de la marocaine aussi je suppose- ? Besoin de mettre en émoi leur possible virilité ? Manque d’amour et de satisfaction au lit et en ménage ? Envie de penser à moi pour se motiver lors de leur acte sexuel avec leur légitime… Frustration ? Mâchoire tombante… Encore un exemple. Un homme d’une cinquantaine d’années dans une voiture très haut de gamme, cravaté et tout et tout. Il me suit alors que je suis dans ma modeste voiture. Il me fait des appels de phare… je pense à un souci mécanique, à des feux allumés… Naïve que je suis… Il roule maintenant à ma gauche et me fait des signes signifiant « viens boire un verre avec moi ». J’y crois pas. Et si pourtant. Et j’en passe… ceux qui s’arrêtent de travailler en tenant leur truelle, mâchoire inférieure pendante, œil de grenouille sous ectasy, lorgnant les femmes, les filles, les très jeunes filles… Regarder est une chose, « mater », reluquer avec avidité, comme un drogué en manque, en est une autre. Je pensais qu’ayant accès à TPS, les marocains savaient qu’il existe des femmes, partout au monde, jolies, mignonnes, belles… peu importe. Mais quel sentiment de frustration semble bondir de leurs attitudes, de l’agressivité de leur regard, de leur acharnement à être ridicule devant l’objet de leur désir qu’ils n’auront jamais. Côtes d’agneau à l’étalage… Croient-ils réellement qu’en nous interpellant de façon aussi minable, nous allons leur tomber dans les bras et leur proposer la totale ? Hélas, je me dis que pour être aussi pathétiques dans leur manière de « procéder », leur réalité à eux, doit être bien cloisonnée… leur quotidien se résume-t-il à leur mère, leur femme, leurs filles (attention pas touche !), le foot entre potes, la bière du vendredi soir… ? Au fait, que diraient-ils ces mêmes gamins, ces mêmes hommes à leurs congénères qui abordent de la façon leur sœur ou leur mère pour leur proposer « la botte » ? Et ces mères, ces pères, ne leur apprennent-ils pas qu’une femme ne se regarde pas comme des côtes d’agneau dans un étalage de supermarché ? Heureusement… il y a parfois de bonnes surprises. A l’instar de cette journée d’été, au bord du trottoir ou je ne trouve pas de taxi, sous la chaleur… un jeune homme passe avec sa charrette. « Très belle madame ! » me lance-t-il tout sourire. Pour une fois, je ne dis mot… j’en ai marre. Dans les 10 secondes qui suivent, il me dégote un taxi. Je le remercie. Dernière mise à jour : 06-07-2008 09:12
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Ecrit par: Pisrmonw (Invité) le 12-10-2009 00:24